New Victoria T1 - Quand zombies, SF et époque victorienne forment un beau mélange

Didier Graffet
L'histoire en bref
Nous sommes en 2195 à New Victoria. Nora vit une vie plutôt paisible parmi les nantis de la cité, mais un jour elle découvre tout un univers en parallèle du sien. Les morts ne meurent pas vraiment. Entre les bons et les mauvais zombies, elle va devoir tenter de sauver sa peau et celle de ses amis. 


Ce que j'en pense  
J'ai tellement de choses à dire à propos de ce livre que je ne sais même pas par où commencer. Je vais peut être déjà vous dire que je l'ai adoré !

Tout d'abord, le monde que nous offre Lia Habel est très détaillé. Elle nous donne un maximum d'informations sur l'origine des zombies et sur l'organisation de New Victoria. Tout est assez cohérent et on comprend bien l'univers, malgré sa complexité. Nous avons droit à des zombies, de la Science Fiction et un peu d'époque victorienne. Alors ça peut paraitre un peu brouillon dit comme ça mais je vous assure, ça vaut le coup !

En gros, nous nous retrouvons face à un monde post-guerre/apocalypse où les dirigeants optent pour un retour à des valeurs de l'époque victorienne. Selon eux, l'époque victorienne était synonyme de perfection et un retour en arrière serait bénéfique pour le maintien de la paix. En avant donc pour une hiérarchie basée sur les classes sociales et une étiquette digne de la reine. L'intérêt du roman est que ce retour en arrière se déroule dans un univers de Science-Fiction. Les robes à froufrou côtoient gaiement les tablettes numériques et les diffusions holographiques.

" Des panneaux numériques lisaient la puce d'identité dans notre poignet et affichaient des publicités aux couleurs vives sur notre passage, personnalisant leur contenu en fonction de nos données publiques "

Le genre de ce roman est assez difficile à qualifier entre SF, dystopie et fantastique et la petite touche Victorienne qui lui vaut d'être considéré comme un livre de steampunk alors que ce n'est pas le cas selon moi.

L'histoire est racontée du point de vue de différents personnages ce qui nous permet d'avoir des informations un peu plus globales sur ce qui se passe à New Victoria et ailleurs. Les personnages sont très intéressants et on s'attache énormément à eux. Nora m'a tout de suite plu par son petit côté rebelle et son désintérêt flagrant pour les choses de la haute société. La demoiselle a également beaucoup d'humour ce qui ne gâche rien.

" Ouais, comme si j'avais besoin que les zombies me trouvent encore plus appétissante. Autant demander à une vache de se parfumer à l'eau de bifteck "

J'ai été énormément touchée par Bram le zombie, il est très humain malgré sa "condition". J'oubliais parfois qu'il était mort mais cela me revenait très vite à l'esprit dès qu'il était question de sa relation avec Nora. Parce que oui, une romance va être amorcée entre les deux et comment dire... un zombie et une humaine... un zombie qui se dégrade lentement mais surement... L'auteur essaie bien de nous vendre la chose en précisant que les zombies ne puent pas et que le corps de Bram est si bien conservé qu'on pourrait croire qu'il est vivant ; ça a quand même un petit côté nécrophile (n'ayons pas peur des mots). Et c'est là que tout le talent de Lia Habel se révèle, elle arrive à nous convaincre. On accepte la romance, on la comprend et on finit même par être touché (en tout cas cela a marché pour moi).

" Je suis mort, Nora. 
-Je savais que quelqu'un, lui ou un autre, finirait par soulever le problème "

Je suis tout de même lucide par rapport à ce roman, il ne révolutionne pas le genre, il souffre de quelques longueurs parfois mais il réussit vraiment à nous transporter dans un monde fascinant. Un monde original qu'on ne veut pas vraiment quitter quand on referme le livre. Les personnages nous collent à la peau, le ton n'est pas trop niais et les zombies sont hilarants. Certaines idées développées sont même étrangement actuelles.

" Ils fulminaient contre l'usage croissant que notre société faisait des ordinateurs, soutenant que dépendre des " machines pensantes " ne ferait qu'amollir l'intellect de la nation. Ils crachaient sur les biens de consommation produits en masse par nos usines et faisaient l'éloge des artisans indépendants qui travaillaient encore de leurs mains " 

J'ai été absorbée par cette histoire et si vous la lisez, j'espère que vous le serez vous aussi. 

Un roman qui ne ressemble à rien d'autre que j'ai pu lire jusqu'ici. Sur le papier ce n'était pas forcément gagné mais la plume de Lia Habel m'a séduite. J'espère vous avoir donné envie de le lire si ce n'est pas déjà fait !


New Victoria - Lia Habel
Bragelonne/Castelmore, 17,20€  

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